Festival International des Jeux de Cannes 2017

C’est à Cannes, un beau jour du mois de février
Qu’au Festival des Jeux le shogi a brillé.
Quatre jours et trois nuits, réunis par passion,
Furent organisés tournois, initiations.
Madoka, cette année, ne pouvait être là,
A notre charge de maintenir son éclat !
Comme à son habitude, Philippe a réuni
Une équipe de joueurs, une équipe d’amis,
Qui le temps d’un week-end ont donné tout leur cœur
Pour faire découvrir, ô comble du bonheur,
Dobutsu et shogi, ces jeux qui nous unissent
Des vents salés de Brest à la chaleur de Nice.
 

Merci à toi Philippe, Merci à toi Chieri, (1)
Pour votre gentillesse qui n’a jamais faibli
Vous aviez avec vous un ex Champion de France
Gilles au sourire franc, à la cadence lente,
Qui a mis au service des passants, des enfants,
Sa pédagogie et son immense talent.
Sarah était présente, et bien qu’étant novice,
Elle a su enseigner, telle une institutrice,
Eveillant les profanes intrigués à son art
En leur donnant envie de jouer jusque tard.
Notre Armel était là, lui qui est si discret
A présenté le jeu tous les jours sans arrêt
Se rendant disponible pour qui en a besoin
Et ne laissant jamais quiconque dans son coin.
Nicolas était là, nous venant de Marseille,
Et doué d’un talent à nul autre pareil :
Parties à handicap, parties pédagogiques,
Il a fait vivre à tous des moments fantastiques.
Un « coin traditionnel » a été érigé.
Deux coussins face à face, savamment disposés,
Sur un étal de bois, tout de noir recouvert
Permettaient à tous ceux qui avaient découvert
Le shogi juste avant de se mettre à genoux
Devant un shogi ban. Chut ! attention, on joue !
Un tournoi a eu lieu. Dobutsu infernal,
Tu avais décidé, pour la victoire finale,
De donner à celui qui apprit l’an dernier
Les honneurs et la gloire, mais fit fi des lauriers !
Alors pour malgré tout te faire pardonner,
Au vainqueur sans trophée, tu daignas accorder
Un match en trois parties : l’adversaire est l’arbitre (2)
Sapé en yukata, en obi, en sandales,
Qui portait dans son dos un nœud presque immoral,
Que tout vrai japonais aurait pris pour un pitre ! (3)
Mais il est des moments que chacun dans sa vie
Rêve de pouvoir vivre, et le Destin sévit :
Une petite fille jouant au dobutsu
Fit de même le soir, le Destin fut absout !
Lire sur son visage toutes les émotions
La joie et le respect, la fierté, la passion :
Devant Papa, Maman, devant sa grande sœur,
Elle a joué de son mieux, y mettant tout son cœur,
Et quand au dernier coup on tourna le plateau
Elle trouva elle-même en cet instant si beau
Le coup qui allait lors terminer la partie,
Dit merci et sourit puis heureuse partit.
« Ô temps suspends ton vol », Lamartine avant moi
Devant un lac a su partager son émoi.
Mais les heures propices n’ont suspendu leur cours
Que le temps de trois jours : que çà me semble court !
Comment ne pas parler d’un splendide diner
Où à peine arrivés, on a halluciné ?
Nous allâmes le soir au restau japonais
Qui non loin du palais discrètement trônait.
A la réservation, Philippe a demandé
Si du Japon étaient venus les cuisiniers.
On lui dit : « Mon doux sire, bien évidemment (4)
Je vous le garantis, c’est de fait un serment ! » (5)
Je ne veux préjuger sur des critères externes
La nationalité, mais je dis « Balivernes ! »
Si ces personnes étaient toutes nées Japon,
Moi l’arverne je suis alors né au Gabon !
Et puis ce fut le temps de se dire au revoir.
Que le trajet fut long, mais point n’eus d’idées noires :
La tête pleine des gloussements des enfants,
Les regard bienveillant des amis, des parents,
Un séjour plein de rires, d’amitié, de partage,
Avoir pu tous ensemble écrire une autre page
Dans l’histoire ordinaire du Festival de Cannes
Impatients de revoir notre Madoka San.
Stéphane LAUNIAU
(1)    A prononcer à la japonaise, sinon ça marche pas.
(2)    Pour les ceusses qui auraient du mal à suivre : David, du stand Othello (Salut à toi, mon David J), avait appris l’année passée et était donc hors concours pour les prix (c’est de la triche, sinon) mais ça ne l’a pas empêché de gagner en faisant 100%. Donc il a gagné, mais il n’a pas eu de prix. En revanche, en compensation, il a fait un match au meilleur de 3 parties contre moi dans le « coin tradi ». Pour information, j’ai gagné 2 à 1, mais le score est anecdotique : mon adversaire a superbement bien joué mais Gote a gagné à chaque fois.
(3)    Le nœud que Chieri m’avait fait était un nœud pour femme !
(4)    Celui ou celle qui me loupe la diérèse ici mériterait des claques pour attentat à l’alexandrin !

(5)    Bah oui, Chieri étant d’origine japonaise, elle a une certaine exigence sur la qualité des plats préparés dans le périmètre de la gastronomie japonaise et, étant tous amateurs, nous ne pouvions qu’être d’accord avec elle !